vendredi 30 octobre 2009

Abus et maltraitance non intentionnelles

Les abus et la maltraitance sur personnes âgées peuvent revêtir différentes formes. L’une des plus surprenantes est la maltraitance non intentionnelle. Bien qu’il soit difficile de le croire, dans certaines situations, les abus faits sur les personnes âgées ne sont pas intentionnels. Par manque de connaissances, de compréhension ou de formation, certaines personnes malmènent les personnes âgées sans s’en rendre compte et leurs font subir des sévices physiques ou psychologiques difficiles à déceler et à dévoiler au grand jour.

Marie demandait 25 fois par jour à aller aux toilettes mais arrivée devant la porte, refusait d’y entrer, « l’envie étant passée ». Une fois, deux fois, dix fois… le personnel de sa maison de retraite a fini par se lasser et par ignorer ses demandes. Elle a à plusieurs reprises passé de longues heures dans des vêtements humides jusqu’à ce qu’une aide-soignante se rende compte de son état. Cette forme de maltraitance, même si elle n’est pas physiquement douloureuse fait des ravages psychologiques sur une personne qui, saine d’esprit, voit son corps incontrôlable.

Parlant de défaillance, d’autres types de maltraitance sont le résultat d’une réelle fatigue et l’expression d’une vraie souffrance. Les conjoints de malades d’Alzheimer peuvent être sujets à ce type de défaillances humaines. Il est donc parfois préférable de confier l’être cher à des professionnels plutôt que de s’acharner à le garder chez soi. A 75 ans, M. Robert est un papy en pleine forme qui continue à marcher 20 minutes par jour et à s’adonner à sa passion pour la peinture. Son épouse, atteinte de la maladie d'Alzheimer est à sa charge, et le couple vit dans la maison qui a vu grandir leurs enfants. M. Robert étant physiquement et psychologiquement apte à gérer la situation et considérant comme un devoir de s’occuper de son épouse, ils ne font appel à aucune aide extérieure. Mais la gestion d’un Alzheimer est une chose difficile, et par fatigue, M. Robert donne à sa femme, de temps en temps, une petite gifle « qui part toute seule ».

La maltraitance peut donc prendre des formes subtiles et être pratiquement indécelable, même par les maltraitants eux-mêmes. Ces « bourreaux » ne sont souvent finalement que des victimes mais il est primordial de prendre en charge toute forme ou tout abus prodigué sur les personnes âgées.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire